Quantcast

Bienvenue !

Bienvenue dans mon cabinet de curiosités, interstice où vous pourrez parcourir de brèves chroniques de mes écoutes, lectures, déambulations et autres découvertes.
Du fond de l'abri, il vous sera possible de suivre mes bidouillages divers…
Enfin, ce blog est aussi un prolongement de mes cours à l'école des beaux-arts (les cités obscures) et à l'université.
Bonne lecture !

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Liens

les cités obscures (vol. 2)

Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /Jan /2006 22:44
Dans le cadre de mon cours à l'école des beaux-arts, "les cités obscures", j'ai présenté hier le film électronique réalisé en 1991 par David blair : "WAX ou la découverte de la télévision chez les abeilles", ouvrage dont les éditions cactus ont produit et édité la version française en 1994.
A cette occasion j'avais écris le texte ci-dessous, que l'on peut retrouver dans le livret qui accompagne la vidéo.
Une version CD-Rom, adaptation de la version en ligne, "WAXweb", ouvrage passionant à explorer, a été éditée par David Blair quelques années plus tard. Récemment le film a été édité par son auteur sur support DVD et en décembre 2005 WAX a été programmé à Beaubourg par nos soins, lors d'une soirée PPT organisée dans le cadre du festival "Littératures pirates".


WAX, un conte du vingtième siècle.

Il était une fois, aux États-Unis d’Amérique (le nouveau monde), Jacob Maker, héros de la télévision des séries B (Bee TV), en quête d’un autre monde au-delà des apparences, “le pays des morts”, où la vie serait meilleure.

Voilà le conte de la vie après la mort, un récit oral issu de la mémoire collective, cette histoire que nous avons tous vécue.
Cela commence comme un banal documentaire vidéo, et puis, tout à coup, la narration bascule dans le fantastique : les abeilles greffent un récepteur TV dans la tempe du héros, Jacob Maker (c’est ce qu’il nous dit); le récit se déploie, maintenant tout est possible.

L’histoire qui nous est contée d’une voix limpide, par l’auteur, David Blair, alias Jacob Maker, est bien l’expression d’une mémoire qui joue sur différentes modalités du temps propres au conte traditionnel :
- le temps mythique, celui des origines : la tour de Babel, les origines de l’humanité judéo-chrétienne ordonnées autour de deux pôles antagonistes : le bien et le mal (Abel et Caïn), les origines du cinéma (Nosferatu, Felix the cat), les origines de l’ère atomique (Alamogordo),
- Le temps historique, l’histoire du vingtième siècle et de ses armes : 1914, la première guerre mondiale et ses gaz moutarde, 1945, la seconde guerre mondiale et sa bombe atomique,1991, la guerre du Golfe et son armement assisté par ordinateur,
- le temps familial qui inscrit le récit dans une généalogie propre au personnage principal (Jacob Maker, petit fils de James hive Maker, assassin de Zoltan Abbassid, lui-même second mari de Ella Spiralum, grand-tante de Mellissa, la femme de Jacob Maker),
- le temps personnel, celui du récitant, de l’auteur / acteur David Blair, personnage incolore, typique du conte, né le 16 Juillet 1945 (le jour de la première explosion atomique de l’histoire),
- le temps du récit, quatre-vingt cinq minutes de télévision, d’images électroniques, d’images d’actualité, de documentaires, en somme de ce qui constitue notre quotidien télévisuel, soutenu par une voix off, la voix de l’auteur / conteur, qui témoigne; quatre-vingt cinq minutes qui représentent les quelques jours du périple de Jacob Maker à travers les millénaires de l’histoire de l’humanité.

Au début du film, avant même le générique qui contient tous les éléments constitutifs du récit, les personnages nous font signe, mais nous ne pouvons répondre. La cible est bien désignée, c’est nous, téléspectateurs passifs. Cette cible est contemporaine dans le sens où actuellement nous ne pouvons pas agir sur le flux d'images télévisuelles, mais aussi parce qu'il est entendu que nous ne pouvons pas agir sur le récit, dans la mesure où celui-ci défile linéairement (puisqu'il a été réalisé pour un support vidéo).

David Blair, le conteur (celui qui décide du récit), nous invite alors, à  travers cette oeuvre à structure non linéaire (marquée d'incessants voyages à travers les différents temps de l'histoire) à réfléchir sur la nécessité d’un récit linéaire, et sur la possibilité d'intervenir dans un futur proche sur le flux d’images qui constitue les fictions télévisuelles.

Wax semble être le point zéro d'un cinéma électronique indépendant à venir, un cinéma d'auteur(s) hybride, une fabrique de récits virtuels, accessibles par modem connecté au réseau Internet, et lisibles sur micro-ordinateurs.

Il s’agit bien là d’un conte post-moderne, post-atomique et cynique, d’un cyber-conte envoûtant, que nous pouvons lire, entendre, assis devant notre téléviseur, tout comme Jacob Maker avant qu’il ne traverse le miroir électronique qu'est la télévision, véhicule d’information, d’histoire, mais aussi de merveilleux.

Wax est un conte du vingtième siècle dans ce que ce siècle des extrêmes a de merveilleux et de cauchemardesque : l'accélération de son mouvement et donc de sa propre dématérialisation.

http://www.telepathic-movie.org

Par thierry weyd - Publié dans : les cités obscures (vol. 2)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /Déc /2005 15:20


"The city wears a slouch hat", c'est le titre d'une oeuvre radiophonique réalisée en 1942 par John Cage et Kenneth Patchen, une oeuvre longtemps considérée comme perdue, puis enfin retrouvée il y a quelques années.
Cette pièce radiophonique est une oeuvre charnière dans la carrière de John Cage, une oeuvre incontournable de l'histoire de la radiophonie et du son.
Kenneth Patchen, peintre et poète américain, est aussi l'auteur d'un livre remarquable publié en 1941 : "Le journal d'Albion Moonlight" (flammarion, 1979).
"Le journal d'Albion Moonlight" narre l'errance d'un personnage, Albion, à travers un paysage apocalyptique, celui de la seconde guerre mondiale qui commence alors.
Ce journal, constitué d'étranges récits croisés ou imbriqués, explore les différents systèmes de narrations ainsi que l'espace du livre, un espace typographique expressif. C'est cet ouvrage qui a inspiré "The city wears a slouch hat".
Les expérimentations de Kenneth Patchen ne s'arrêtent pas là puisqu'au début des années cinquante il est le premier poète à s'essayer à la lecture publique accompagné par un orchestre de jazz (the Chamber Jazz Sextet), une expérience dont on ne peut que remarquer le succés (nombreux sont les poètes Beat qui s'y sont mis un peu plus tard).
Ce système sera rapidement repris par Ken Nordine pour développer une oeuvre radiophonique magnifique : "word jazz".
La poésie de Kenneth Patchen a motivé quelques interprétations musicales ou audiovisuelles par d'autres auteurs, comme Benjamen Lew et Samy Birnach en 1989 (Crammed Disc), ou encore le théâtre des opérations & Vincent Julliard en 2000 (Peu Performance).
Un autre grand poète français, Bernard Heidsieck, évoque Kenneth Patchen dans un des poèmes qui constitue son très bel ouvrage : "Respirations et brèves rencontres" (Al Dante, 1999).



http://www.connectotel.com/patchen
http://www.johncage.info
http://editions.flammarion.com
http://www.wordjazz.com
http://www.crammed.be
http://tdo.editions-cactus.com
http://www.aldante.org

Par thierry weyd - Publié dans : les cités obscures (vol. 2)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 novembre 2005 1 07 /11 /Nov /2005 00:00
Aujourd'hui l'actualité me renvoit à un ouvrage édité par les éditions cactus il y a maintenant un peu plus d'une dizaine d'années (1994). A l'époque je pensais que cette pièce radiophonique collait à l'actualité, que sans doute elle vieillirai. Il s'agit d'un radio-poème de Jean C. Dussin avec les Kristof K. Roll : "Paris ballad'act", une œuvre radiophonique collagiste qui, malheureusement, n'a pas vieillie.
Aussi, aujourd'hui, je vais diffuser à mes étudiants cette pièce sonore de 20'15", dans le cadre de ce cours : les cités obscures.

A redécouvrir sur le site des éditions cactus : www.editions-cactus.com

Par thierry weyd - Publié dans : les cités obscures (vol. 2)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 octobre 2005 7 09 /10 /Oct /2005 00:00
Les cités obscures (vol. 2)
"l'ombre du réseau"

Lundi 10 octobre à 14 h commence ma nouvelle série de cours à l'école des beaux-arts.
Après le premier volet des "cités obscures" : "Respirations et brèves rencontres" (titre inspiré par l'ouvrage de Bernard Heidsick édité chez Al Dante), voilà le second temps : "L'ombre du réseau" (titre inspiré cette fois-ci, comme le générique, par l'oeuvre de Benoit Peeters & François Schuiten).
Il est 23 h 22 et j'ai encore quelques doutes quant à la présentation de son contenu.
A suivre...

Par thierry weyd - Publié dans : les cités obscures (vol. 2)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés