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Bienvenue dans mon cabinet de curiosités, interstice où vous pourrez parcourir de brèves chroniques de mes écoutes, lectures, déambulations et autres découvertes.
Du fond de l'abri, il vous sera possible de suivre mes bidouillages divers…
Enfin, ce blog est aussi un prolongement de mes cours à l'école des beaux-arts (les cités obscures) et à l'université.
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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:38

Le cours du 6 février était fondé sur deux pièces de Cami, écrivain français du début du vingtième siècle.
Cami a créé "Le petit corbillard illustré" en 1910, revue humoristique des pompes funèbres; il développe au même moment diverses rubriques post-Allais dans quelques journaux et fonde ainsi une forme d'humour basée sur le mauvais jeu de mots et la chute foireuse. Charlie Chaplin le qualifie ainsi de "plus grand comique in the world" ! En France son oeuvre sera déconsidérée par des personnes comme Breton, mais fondatrice pour certains surréalistes et, par la suite, pour des auteurs comme Francis Blanche et Pierre Dac, qui revendiqueront à travers la revue "L'os à moelle" et la série radiophonique "Signé Furax" une parenté littérale avec Cami, ou encore, Pierre Desproges avec sa "Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède" diffusée à la télévision.
En 1925 Cami a aussi écrit une série de pièces de théâtre miniatures : "Les aventures de Loufock Holmès", peu éloignées de la "Loufock house" d'Alphonse Allais. Ces pièces sont à la fois absurdes et très visuelles, donc sans doute difficiles, voir impossibles, à adapter au théâtre. A Caen la compagnie de théâtre Amavada a réussi ce pari d'adapter "Les aventures de Loufock Holmès" au théâtre. Aussi ceux-ci m'ont proposé de venir jouer les deux pièces que je voulais proposer à mes étudiants comme base de mon cours, sans aucun doute la meilleur façon de découvrir le théâtre de Cami !
Les pièces jouées étaient les suivantes : "Le bébé rouge" et "Le squelette disparu". Ce qui m'intéressais en proposant ces pièces, outre la découverte de l'oeuvre théâtrale de Cami, c'était d'observer comment l'actualité graphique et technique pouvaient participer à l'écriture d'oeuvres, et aussi d'aborder d'autres auteurs de la littérature populaire.
Aussi avec "Loufock Holmès" nous avons pu découvrir la série des aventures de Sherlock Holmes, crée par Conan Doyle, puis "Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain" développé avec talent par Jean Ray.
Avec "Le squelette disparu" nous avons retrouvé Conan Doyle et son intérêt pour l'imagerie ectoplasmique (déjà observée précédemment dans le film de David Blair, WAX), ses ouvrages spirites et l'invention du rayon X au même moment. Nous avons pu observer comment cette invention est apparue dans le paysage de l'époque, quels effets de mode cela a produit (se faire photographier son squelette, par exemple), et comment cela a pu se traduire dans l'histoire du music hall.
Avec "Le bébé rouge" nous avons pu faire une rapide excursion dans l'histoire de l'affiche et nous appesantir sur l'histoire de la publicité "Bébé Cadum" qui a inspiré cet horrible "Bébé rouge" de Cami.
Ainsi, une fois encore, nous avons pu croiser l'histoire des inventions techniques et celle de la littérature populaire et constater comment celles-ci avaient nourri, entre autre, la bande-dessinée (Edgard P. Jacobs, les X-Men) et l'art contemporain (Wim Delvoye).

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