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Bienvenue !

Bienvenue dans mon cabinet de curiosités, interstice où vous pourrez parcourir de brèves chroniques de mes écoutes, lectures, déambulations et autres découvertes.
Du fond de l'abri, il vous sera possible de suivre mes bidouillages divers…
Enfin, ce blog est aussi un prolongement de mes cours à l'école des beaux-arts (les cités obscures) et à l'université.
Bonne lecture !

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 16:12
Ma meilleure amie, aujourd'hui disparue (en tout cas pour le moment), m'a fait découvrir, il y a quelques années, le premier album de And Also The Trees : une musique grave, sombre, lourde et mélancolique.
Longtemps j'ai écouté ce disque ainsi que les suivants. Depuis 1987 et "The Millpond Years" je n'avais rien entendu d'eux; je pensais même que le groupe avait disparu de la scène musicale.
Il y a peu j'ai découvert un excellent titre, "Rive droite", extrait de leur dernier album : "(Listen For) The Rag And Bone Man" (le genre de titre de disque qui tout de suite me séduit). Aussi je me suis empressé de me procurer le CD. Je l'ai reçu aujourd'hui et ne suis pas déçu par l'ouvrage.
Depuis vingt ans le chant et l'instrumentation ont gagné en fluidité, même si l'ambiance reste la même, c'est à dire à l'image de la pochette (elle-même proche du paysage bocageais dans lequel je suis immergé depuis cet été : certains diront qu'il y a sans doute une relation de cause à effet entre l'attention que je porte à ce disque et cette situation physique; d'autres encore diront que c'est la quarantaine qui produit ce genre de sentiment de mélancolie !).
Pour en revenir à "(Listen For) The Rag And Bone Man" : le disque est assez riche, il dégage une étrange ambiance, fidèle à ce que je connaissais déjà de And Also The Trees, qui résulte sans doute, aussi, de la qualité iconographique de l'ouvrage. Des compositions musicales émane un sentiment de mélancolie, entre évocation des paysages ruraux du Worcestershire et impression d'une désuétude typique de l'Angleterre Victorienne et fantastique qui hante les nouvelles d'Edgar Alan Poe.
Les chansons de Simon Huw Jones nous racontent des personnages insolites, des femmes disparues, des paysages illusionnistes aux pommiers romantiques et des ruines spectrales qui lient les cieux à une terre sombre, humide et musicale.

Ah ! j'allais oublier : dehors il vente et il pleut; en face de moi un feu crépite dans la grande cheminée XVIII ème siècle là où j'écris, et, bien entendu, un verre en cristal rempli de Porto blanc vintage, d'une teinte légèrement ambrée, scintillant sur le rythme de la flamme, m'accompagne.
Dans le reflet ambré de l'alcool apparait la silhouette de cette amie disparue : "Oh Mary I'll find you somewhere" ("Mary Of The Woods", piste 04 de l'album).

www.andalsothetrees.co.uk
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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 22:14

J'ai reçu il y a peu le dernier numéro, le numéro 9, de l'excellente revue semestrielle ESOPUS.
Une fois encore on est bluffé par la qualité de l'ouvrage (avec tout de même un bémol pour sa partie sonore (puisqu'un disque sur le thème des rêves accompagne la revue)).
Dans la revue on découvre divers fac-similés, articles et images de qualité. L'impression est parfaite, la variété des papiers utilisés est toujours étonnante, et bien entendu la qualité des articles semble constante.
Il ne vous reste plus qu'à vous procurer ce numéro sur le champs ! (son prix est de 7,11 euros !!!)

www.esopusmag.com
Acheter ESOPUS en ligne
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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:17
"Ainsi ne vivons-nous pas notre vie, mais celle des morts."
Oscar Wilde, le portrait de Dorian Gray, 1891.

A mesure qu’il avançait, le silence et l’abandon renaissaient autour de lui. Cependant, il voyait encore au loin comme une immense lumière; il entendait un bruit formidable qui ne pouvait se comparer à rien.
Néanmoins, il continua; enfin, il arriva au milieu d’un assourdissement épouvantable, à une immense salle dans laquelle dix mille personnes pouvaient tenir à l’aise, et sur le fronton, on lisait ces mots en lettres de flammes : Concert électrique.
Oui! concert électrique! et quels instruments! D’après un procédé hongrois, deux cents pianos mis en communication les uns avec les autres, au moyen d’un courant électrique, jouaient ensemble sous la main d’un seul artiste! un piano de la force de deux cents pianos.
Jules Verne, Paris au XXème siècle, 1863. (Hachette / le cherche midi éditeur, 1994.)


Machines en forme de peinture sonore


Ce semestre mon cours de deuxième année de phase programme est intitulé "Machine, machine, machine".
Ce refrain ponctue une longue chanson de la mythique formation berlinoise Einstürzende Neubauten. Le titre de cette chanson est "NNNAAAMMM", celle-ci a été enregistrée en 1996 et apparaît sur l'album "Ende Neu".
Il s'agit d'une évocation de notre monde, un paysage machinique inauguré par l'invention de la fameuse "machine démocratique" de Monsieur Guillotine (Picabia présentait la Guillotine comme la première sculpture moderne). Le principal effet cette machine a été de scinder concrètement l'homme en deux parties, de distinguer violemment la tête du reste du corps. C'est la sanglante machine de la révolution française, que l'on nous présente comme symbole inaugural de la démocratie dans le monde : paradoxale "machine démocratique"…
Au XIXème siècle la tradition picturale de la vanité (où apparaît généralement représenté le crâne isolé du corps) semble transposée dans le domaine littéraire par des auteurs comme Edgard Allan Poe, dans la nouvelle traduite par Baudelaire, "le portrait ovale" (1842), ou encore par Oscar Wilde dans son fameux roman "Le portrait de Dorian Gray" (1891). C'est alors le rapport entre le sujet peint et sa représentation, son portrait, qui résonnent étrangement; la peinture devient le réceptacle du temps, comme une machine à modifier le temps. L'être humain entame alors un voyage tragique à travers le temps, grâce à la peinture.
La littérature évoquée, qu'elle soit fantastique ou de science-fiction, est toujours constellée de mystères qui cohabitent étrangement avec les évolutions techniques du moment. Ces évolutions, ces révolutions, ont parfois à voir avec l'horlogerie ou la chimie : la machine n'est pas forcément monumentale ou effrayante, elle peut prendre la forme d'un mécanisme de pendule, ou encore tout simplement l'apparence d'une matière : la peinture.
Ces récits s'inscrivent dans une généalogie qui débute en 1589 avec les expériences du physicien italien Giambattista Della Porta, qui tentait désespérément d'emprisonner le son dans un espace clos, puis avec les manipulations du physicien allemand Ernst Chiadni qui déclare en 1787 que "le son est peinture".
Le peintre et illustrateur J.J. Grandville représente en 1844, dans son chef-d'œuvre "Un autre monde", un concert de machines animées par de la vapeur et cependant déclenchées par une main humaine. L'homme est l'opérateur, il est derrière la machine, c'est lui qui décide, qui orchestre l'histoire et parfois le chaos sonore.
Cette histoire complexe est illustrée par la diffusion d'une dramatique radiophonique réalisée en 1990 par les auteurs des "Cités obscures" : Benoît Peeters et François Schuiten. Cette dramatique, "Le musée A. Desombres", réalisée à la manière des pièces radiophoniques des années 1910 à 1960, réunit, entre autres ingrédients, certaines références évoquées ci-dessus. Il s'agit de l'intriguant voyage d'un homme dans une peinture passée, aventure fantastique agrémentée d'une romantique histoire d'amour.
Dans "La nuit des tireurs d'élite (the night of the surreal Mc Coy)" (dans la série télévisée "Les mystères de l'ouest", épisode réalisé par John Kneubuhl et Alan Crosland Jr en 1967), le diabolique Miguelito Loveless invente une qualité de peinture qui réagit à une machine sonore et se transforme alors en espace concret : on peut expédier des êtres humains dans des paysages peints et aussi les faire en sortir. Ainsi les peintures de Loveless servent de véhicules et permettent le transport d'êtres à travers l'espace et le temps.
Puisque le son est peinture, Ken Nordine nous propose en 1957 la visite de son étrange et coloré "Sound Museum" (Word Jazz vol. 1), fixé alors sur bande magnétique ou sur disque vinyle.
La visite de son musée se conclue par la découverte d'un silence, noir.

"Les choses que l'on voit ne sont que très rarement ce qu'elles paraissent".
Maria Eddington, La nuit du mort-vivant, in Les mystères de l'ouest, épisode n°77, 1968.

"Ci-gît J.J. Grandville
Il anima tout
Et après Dieu fit tout vivre, parler ou marcher.
Seul, il ne sut pas faire son chemin."
Epitaphe de J.J. Grandville, 1847.
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 08:36

Demain sort en librairie le dernier ouvrage (livre / CD) de Thomas Braichet : "Conte de F__".
Je vous le recommande. Cela fait maintenant quelques années que j'ai découvert son travail (lors de l'exposition Mon Ton Son, à Forbach); il est déjà venu plusieurs fois à Caen, pour un atelier à l'école des Beaux-Arts et aussi pour quelques lectures (Interstice #1).
J'aime beaucoup son travail, il est un des rares auteurs français à maîtriser typographie, mise en page, prise de son et lecture pour produire des ouvrages, et aussi des lectures qui se jouent d'un rigoureux jeu d'imbrication entre ces diverses pratiques.
La matière de ses textes est généralement celle de notre quotidien, traitée sur un mode amusé ou expressif; les textes oscillent entre inventaires, journaux intimes et chansonnettes absurdes.
On pourrai appeler cela de la poésie contemporaine, voir de la poésie du vingt et unième siècle…
En tout cas c'est très impressionnant, très plaisant à lire, à regarder et à écouter, et c'est édité chez P.O.L.

www.pol-editeur.fr
www.myspace.com/batart
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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 20:17
Il y a un an, en compagnie de l'écrivain Francis Berthelot (à droite sur les photographies), je présentais à Nantes un dispositif de concert conçu à partir d'une nouvelle dont il était l'auteur, publiée dans l'ouvrage "Aux limites du son", édité alors par La Volte (sur une proposition de Max Lachaud et de Lise N.).
C'était une expérience singulière pour moi que de compléter par le son et par l'image (parfois animée) le texte lu par son auteur. Nous avons présenté ce dispositif deux jours de suite dans le cadre du festival Les Utopiales, à la Cité des Congrés.
Ce soir j'ai découvert sur le site de la revue douche-froide trois images de ce moment.


www.douche-froide.com
www.lavolte.net
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 21:13
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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 13:35
Et pour finir avec l'image de la chanteuse, voilà l'affiche du dispositif de concert que je présente  samedi prochain à Strasbourg, puis à Caen quelques semaines plus tard.
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 10:34
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 13:02

Voilà ! les choses avancent. Découvrez en avant-première le plateau de mon prochain spectacle :


CONTRASTEZ-
VOUS !
(une tentative déconcertante de contact spectral avec le prestidigitateur brinquebalant, en six facettes)

spectacle à l'occasion duquel je vais tenter de réactiver quelques tours de magie oubliés puis redécouverts dans "Les secrets de Garcimore", un ouvrage publié en 1978 (le titre du dispositif de concert est extrait du livre).
Pour ce faire je vais devoir utiliser un medium, des ondes et un caramel mou.

www.ososphere.org
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 07:26
Cette semaine je prépare un spectacle de table que je vais présenter à Strasbourg le samedi 29 septembre, à 15 heures, au musée historique.
Cette invitation a lieu dans le cadre du festival L'OSOSPHERE (les nuits électroniques) qui se tiend dans le quartier Laiterie.
Ce dispositif de concert sera sans doute construit sur la même trame que celui présenté en juin dernier lors de "Livres à disposition", mais accompagné cette fois-ci d'un petit Theremin et probablement focalisé sur une réinterprétation de certains tours de magie de José Garcimore.
Attention ! pour ceux qui veulent assister à mon concert, prenez soin de réserver dès maintenant car il n'y a que 50 places (l'entrée est libre).

Pour réserver : envoyez un email à rendezvous@ososphere.org en précisant "concert" dans l'objet du mail
www.ososphere.org
http://www.myspace.com/ososphere
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