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Bienvenue !

Bienvenue dans mon cabinet de curiosités, interstice où vous pourrez parcourir de brèves chroniques de mes écoutes, lectures, déambulations et autres découvertes.
Du fond de l'abri, il vous sera possible de suivre mes bidouillages divers…
Enfin, ce blog est aussi un prolongement de mes cours à l'école des beaux-arts (les cités obscures) et à l'université.
Bonne lecture !

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5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 21:32

Cette semaine nous démarrons, avec Paul Collins, un atelier nommé "Disney / Struthof : le train des invisibles".
Si l'atelier portait ce titre "Disney / Struthof" c'était parce que nous devions traverser la France via EuroDisney, le champ de bataille de Verdun, puis conclure notre parcours par la visite du camps d'extermination du Struthof, en Alsace.
Malheureusement ce projet s'est vu récement annulé. Aussi nous avons tenu à ce que les étudiants inscrits puissent mener leurs recherches, c'est pour cela que nous avons transformé ce projet de voyage impressionnant en un atelier de recherche sur les voyages mentaux, imaginaires et les problèmes liés à la perception des évènements, des formes, etc; cet atelier porte donc le même titre auquel j'ai ajouté "Le train des invisibles", en référence à une pièce sonore de Rémy Carré que j'ai édité il y a quelques année.
Pour explorer sans bouger nous avons fait appel aux célèbres Grands Magasins, spécialistes de ce genre de voyages.
Ils viennent donc présenter leur conférence "Voyez-vous ce que je vois ?" (présentée il y a peu à Beaubourg), mercredi prochain à Caen. cela se déroulera à partir de 18 h30, chapelle St Joseph, à la DRAC de Basse-Normandie.
Et exceptionnellement j'y participe… alors venez apprécier une quarantaine de minutes de relativité de la perception !

"Rien ne m’assure que la couleur que je vois, le son que j’entends, le parfum que je sens soient perçus par mon entourage de la même façon que moi.
Impossible de savoir ce que ressent exactement autrui et dans quelle mesure cette sensation correspond à la mienne.
Problème fréquemment soulevé, souvent l’occasion de discussions interminables, dont nous nous bornerons à débattre, exemples à l’appui, une quarantaine de minutes."
www.grandmagasin.net
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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 17:45
Alors que j'étais en train d'assembler les derniers exemplaires de la "Boîte n°7" (le disque de Pierre Bastien que nous avons édité il y a un an) en écoutant la radio, je l'entends tout à coup en générique de fin de l'emission. Il s'agissait de "Poésie sur parole", d'André Velter et de Jean-Baptiste Para, sur France Culture.
Agréable surprise qui symbolise sympathiquement le fil du rasoir sur lequel nous sommes, entre poésie, musique et arts visuels.
Ce bref moment de pliage, façonnage d'ouvrage, suivait une petite heure pendant laquelle j'avais travaillé sur des prototypes de couvertures et autres assemblages de l'objet d'artiste en cours de finition qu'est "Organismes marins & Spécimens de rivages" de Florence Ormezzano" (lire les articles des 15 et 28 nov. 2005).
Cet ouvrage doit sortir le 17 mars prochain; à ce moment nous serons avec l'auteur au salon du livre de Paris pour le présenter. Je vous en reparlerai plus précisement dans les jours à venir, c'est un ouvrage assez complexe et plutôt étonnant mixant textes scientifiques, journal intime, images de synthèses, films d'animations et sculpture.
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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:38

Le cours du 6 février était fondé sur deux pièces de Cami, écrivain français du début du vingtième siècle.
Cami a créé "Le petit corbillard illustré" en 1910, revue humoristique des pompes funèbres; il développe au même moment diverses rubriques post-Allais dans quelques journaux et fonde ainsi une forme d'humour basée sur le mauvais jeu de mots et la chute foireuse. Charlie Chaplin le qualifie ainsi de "plus grand comique in the world" ! En France son oeuvre sera déconsidérée par des personnes comme Breton, mais fondatrice pour certains surréalistes et, par la suite, pour des auteurs comme Francis Blanche et Pierre Dac, qui revendiqueront à travers la revue "L'os à moelle" et la série radiophonique "Signé Furax" une parenté littérale avec Cami, ou encore, Pierre Desproges avec sa "Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède" diffusée à la télévision.
En 1925 Cami a aussi écrit une série de pièces de théâtre miniatures : "Les aventures de Loufock Holmès", peu éloignées de la "Loufock house" d'Alphonse Allais. Ces pièces sont à la fois absurdes et très visuelles, donc sans doute difficiles, voir impossibles, à adapter au théâtre. A Caen la compagnie de théâtre Amavada a réussi ce pari d'adapter "Les aventures de Loufock Holmès" au théâtre. Aussi ceux-ci m'ont proposé de venir jouer les deux pièces que je voulais proposer à mes étudiants comme base de mon cours, sans aucun doute la meilleur façon de découvrir le théâtre de Cami !
Les pièces jouées étaient les suivantes : "Le bébé rouge" et "Le squelette disparu". Ce qui m'intéressais en proposant ces pièces, outre la découverte de l'oeuvre théâtrale de Cami, c'était d'observer comment l'actualité graphique et technique pouvaient participer à l'écriture d'oeuvres, et aussi d'aborder d'autres auteurs de la littérature populaire.
Aussi avec "Loufock Holmès" nous avons pu découvrir la série des aventures de Sherlock Holmes, crée par Conan Doyle, puis "Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain" développé avec talent par Jean Ray.
Avec "Le squelette disparu" nous avons retrouvé Conan Doyle et son intérêt pour l'imagerie ectoplasmique (déjà observée précédemment dans le film de David Blair, WAX), ses ouvrages spirites et l'invention du rayon X au même moment. Nous avons pu observer comment cette invention est apparue dans le paysage de l'époque, quels effets de mode cela a produit (se faire photographier son squelette, par exemple), et comment cela a pu se traduire dans l'histoire du music hall.
Avec "Le bébé rouge" nous avons pu faire une rapide excursion dans l'histoire de l'affiche et nous appesantir sur l'histoire de la publicité "Bébé Cadum" qui a inspiré cet horrible "Bébé rouge" de Cami.
Ainsi, une fois encore, nous avons pu croiser l'histoire des inventions techniques et celle de la littérature populaire et constater comment celles-ci avaient nourri, entre autre, la bande-dessinée (Edgard P. Jacobs, les X-Men) et l'art contemporain (Wim Delvoye).
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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 20:08

La semaine dernière une de mes charmantes étudiantes m'a offert ce sac en toile de jute, un cabat sérigraphié qui m'intriguait depuis un moment. Etonnant motif que celui de la scène de l'attentat des Twin-Towers dans des couleurs presque fluorescentes ! cette étudiante l'a acheté en Indes quelques mois après 09/11. Il est toujours étonnant d'observer à quelle vitesse des événements, anecdotiques ou historiques, sont réinterpretés et intégrés dans la production d'objets populaires (boules de neiges, badges, sacs, images en relief, tee-shirts, etc.), en témoigne cet extraordinaire objet.
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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 21:45
Le 23 janvier nous avons continué à explorer cette idée paradoxale de la disparition du livre dans la perspective, peut-être, d'une ré-invention du-dit livre.
Ainsi, après avoir parcouru les méandres de WAXweb, le CD-Rom de David Blair, nous avons visionné ce que David Blair appelle dans son film "la télévision des armes". Il s'agit de "Safe Distance", une vidéo extraite de la boîte noire d'un avion de chasse de l'US Air Force qui s'est crashé dans la région de Novi Sad en 1999.
J'ai découvert cette vidéo à Forbach il y a quelques années, lors d'une exposition à laquelle je participais au Castel Coucou. A cette occasion une soirée de concerts était organisée, et lors de cette soirée Joachim Montessuis avait présenté sa propre version de cette bande vidéo "Safe Distance Revisited". Il s'agit d'un document exceptionnel : les dernières minutes de vol d'un chasseur faisant parti d'un escadron des forces de l'OTAN, qui rentre d'une mission de bombardement près de Novi Sad et qui se trouve pris dans le feu de la DCA Serbe. Cet épisode de la guerre d'ex-Yougoslavie se trouve enregistré sur une bande VHS 8 Sony. Ce qui est impressionnant c'est le contraste entre l'interface électronique de navigation (similaire à celle d'un jeu vidéo) et la réalité que l'on entend, les dialogues codés entre les pilotes des quatre avions, les dérapages des voix et l'accélération dramatique des événements. Aujourd'hui on peut télécharger la vidéo sur le site du centre d'art de Novi Sad et y découvrir aussi les dialogues retranscrits sous la forme de "military poetry" http://www.kuda.org/_poezija.htm.


Pour conclure mon cours, nous avons pu observer le livre de Yùichi Yokoyama : "Combats" (éditions matière 2004).
J'ai découvert Yùichi Yokoyama il y a deux ans avec "Travaux publics", un manga qui nous décrit et nous donne à entendre la matière de quelques étranges chantiers. Ce qui passionne Yùichi Yokoyama semble être le mouvement de la goutte d'eau qui tombe, le crissement du gravier qui glisse de la benne, le brouhaha de la pelouse qui pousse... Tout cela dans la forme et le format du manga. A la suite de "Travaux publics", "Combats" nous place au centre d'échanges violents d'objets volants très identifiés. Un de ces épisodes : "Livres", nous décrit un combat à coup de livres qui volent, s'éclatent, sont explosés, tranchés et déchiquetés. Le lecteur est placé au centre de ces mouvements, et ainsi, peut observer les différents détails de ces livres malmenés. Quels étranges mangas, je vous les recommande !

www.telepathic-movie.org
www.kuda.org
www.eternalnetwork.org/jm/
www.matiere.org/yokoyama.html
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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 15:06
Alors que Christophe Petchanatz m'écrit pour m'avertir qu'il a relayé la dernière newsletter des éditions cactus, je me souviens d'un texte écrit par lui il y a bien longtemps, dont le personnage principal était "le jeune alfred". "le jeune alfred" était un personnage simpliste que j'avais créé en 1987, qui apparaissait dans mes deux premiers livres illustrés, puis dans mon journal : "la betterave mystérieuse" dessiné et mis en scène, au fur et à mesure des numéros, par une vingtaine d'auteurs.
Ce journal était une sorte de fanzine, graphzine photocopié et diffusé gratuitement.
Christophe avait eu l'occasion de faire une petite BD du jeune alfred, alors publiée dans la-dite "betterave", et avait par la suite écrit le texte ci-dessous, que j'avais découvert il y a quelques années en parcourant son site web.



Épîtres
Christophe Petchanatz.

à Thierry Weyd

Le jeune Alfred en lettres  rouges (ombre très noire, sèche, buvard) — le jeune Alfred écrit, gravé  dans le ciel fade du Calvados : constructions pâtissières aux perspectives à peine  supportables et là, posées sur une table, denrées avec lesquelles on nous persécuta  des années durant, avant que ses parents divorcent et qu’il put imposer sa LOI, aliments mous alvéolés où se perdre, claquement des drapeaux au-dessus des  plates-bandes (comme elles sont éloignées ce fut facile à faire : une ligne de  colle, une pincée de pigment). Insolence des pelouses (vu d’aéroplane, le terrain  avoue certaines bizarreries, comme un message inscrit là, pour nous). Sur la nappe très  jaune les légumes très vifs, la viande à l’impudeur presque modeste, alcool dont  on devine la densité (plomb parfumé qui tôt ou tard lestera nostre sang, nos viscères — qui  tôt ou tard molestera les registres de certains échanges dont nous avons la vanité de  penser qu’ils sont de ceux qui nous définiraient). Au dos de ton envoi rien qui  (n’) indique la provenance. J’ai même décollé la partie ajoutée, celle où  il est question du conservateur, du guide, du gardiens [sic], etc. — déçu car  j’espérais découvrir là-dessous quelque message dérouté, betterave, gouache,  self-portrait (?) charbonneux qu’on affuble chaque matin d’un col marin,  d’un seau, d’un râteau et d’une pelle, et qu’on emmène vaille que  vaille jusqu’à ce square dont le gravier, particulièrement aigu, brille  péniblement. Alfred est à chacune des fenêtres, qu’il ouvre, qu’il referme  soigneusement. Pour certaines d’entre elles, il joue au vitrier : un peu de  mastic, un petit clou sans tête... il a horreur que vibre le carreau quand passent les  camions. Alfred s’octroyant le corps principal, les dépendances et la petite  chapelle contiguë, j’habiterai l’aile droite du bâtiment. Dans la cour, et  cela nous écoeure, les aliments ne cessent de grossir. Corps de poulets (comment dire  autrement?) dilatés à l’extrême, moignons épouvantables, marécage  d’épinards mixés sur lesquels nous devons naviguer. Le vin nous a trompés, son  couvercle de cire. On se demande même si l’on pourra tenir (intacts!) jusqu’à  ce mois de juin. Alfred compte les girouettes, les antennes de télé et les  paratonnerres. Alfred compte les fanions, les équipes prévues. Dès qu’il aura  retrouvé son sifflet on pourra y aller. Gigantesques, les aliments emplissent désormais  le ciel et commencent à peser sur les habitations... Si le match avait eu lieu à temps  (les arbustes se soulever et projeter leurs baies multicolores, les récipients avaler  goulûment cet excès, cette épuisante prolifération)... Mais rien, Alfred reste muet,  la main posée sur la bakélite de l’interrupteur général. Il pense à ce  qu’ont dit de lui (ou pensé, ou rêvé) les voyous rencontrés jadis, il y a  peut-être dix ans, ces garçons à qui, anxieusement, il désirait parler — lui  qui n’a su que bafouiller lamentablement. Ils n’ont même pas daigné le  regarder. Et aujourd’hui : vengeance.



Vous pouvez lire d'autres textes de Christophe Petchanatz, et aussi des textes de Lucien Suel, Bruno Richard, Jean-Pierre Bobillot et d'autres auteurs encore, sur le site suivant www.homme-moderne.org

Christophe Petchanatz est aussi renommé, depuis une bonne vingtaine d'années, pour sa création musicale sous le pseudonyme de Klimperey.
Klimperey c'est une musique abondante, légère, lancinante, petillante, drôle, triste, ce sont des rengaines enfantines et parfois tragiques dont je vous recommande l'écoute.

web : http://klimperei.free.fr
blog : http://klimperei.over-blog.com
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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 16:11

A Noël on m'a offert "Quimby the Mouse", le dernier ouvrage publié en français de Chris Ware, après le célèbre "Jimmy Corrigan" sorti il y a trois ans.
Le problème avec Chris Ware c'est que chacun de ses ouvrages est un chef d'oeuvre... aussi celui-là est l'occasion de vérifier s'il on a bien compris la version originale, c'est à dire les différentes planches disséminées sur l'ensemble de la série "Acme Novelty", éditée depuis une dizaine d'années.
La version française de "Quimby the Mouse" a été réalisée par L'Association, un travail monumental pour lequel on ne peut que les féliciter tant la tache peut paraître ardue, entre autre détail, au regard des exigences de l'auteur, sans doute l'illustrateur le plus méticuleux de l'histoire de la bande-dessinée !
Je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est que le livre est superbe, d'une grande richesse graphique, et que je ne peux que vous inviter à le parcourir et à plonger dans les méandres de l'univers complexe et tragique de Chris Ware, le sommet dans ce domaine ayant été atteint par l'obsédant "Jimmy Corrigan".

"Quimby the Mouse", L'Association, 2005.
"Jimmy Corrigan", éditions Delcourt, 2002 - www.editions-delcourt.fr
Chris Ware, chez Fantagraphics, son fidèle éditeur - www.fantagraphics.com/artist/ware/ware.html
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28 janvier 2006 6 28 /01 /janvier /2006 23:52
J'ai eu l'occasion de correspondre avec Will Eisner il y a quelques années, en 1990, lorsque je travaillais sur un projet d'exposition à propos des affiches de l'effort de guerre aux états-unis pendant la seconde guerre mondiale. C'était à Will Eisner que j'avais pensé pour inaugurer cette exposition qui devait avoir lieu au Mémorial de Caen au début de l'année 1991.
Will Eisner, grand explorateur de la bande-dessinée et inventeur, en 1978, d'un nouveau genre littéraire : le "roman graphique" ("Un bail avec Dieu"), a longtemps travaillé pour les services éducatifs de l'armée US et a ainsi "commis" quelques bandes-dessinées et illustrations pour une série d'affiches recto-verso appelées "Newsmaps".
Les Newsmaps étaient des affiches / journaux qui rendaient compte chaque semaine de l'état du front militaire allié, sous la forme  des mapemondes, en même temps que de la situation sur le front de l'industrie de l'armement. A la fin de la semaine on pouvait retourner l'affiche / journal et punaiser le verso sur lequel était imprimée une affiche de propagande.
Au même moment, Will Eisner venait de créer son fameux personnage "le Spirit", dont il dessinera les aventures sur un rythme hebdomadaire douze années durant.
En définitive je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer cette impressionante personnalité de la bande-dessinée car l'exposition qu'il devait inaugurer fut annulée à cause de l'offensive alliée de la première guerre du Golfe, et Will Eisner s'éteignit dans sa 88 ème année il y a tout juste un an.
Cet hiver est sorti son ultime ouvrage, "Le complot - L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion", sur lequel il travailla vingt ans.
Cet ouvrage, précisément documenté, nous narre l'histoire de ce texte inventé de toutes pièces au début du vingtième siècle par un dénommé Mathieu Golovinski (qui calqua alors un autre texte de Maurice Joly publié en France en 1864), et comment ce document falsifié servit et sert encore à étayer les thèses d'un complot international juif.
Un des détails passionnants de ce roman graphique, c'est qu'il nous permet d'observer une des facettes de la mécanique de la pensée antisémite. Même s'il a été démontré et prouvé que le texte est faux, celui-ci circule à travers les époques : "Les protocoles" ont ainsi été utilisés par Hitler, le Ku Klux Klan et trouvent aujourd'hui des millions de lecteurs dans les pays arabes...
Ce dernier ouvrage de Will Eisner, à vocation documentaire, raisonne comme une sorte de testament idéologique.

Will Eisner - Le complot - Grasset 2005 - www.grasset.fr
A propos du Protocole des Sages de Sion, vous pouvez consulter le site du PHDN, très documenté sur le sujet.
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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 21:44
Dans le cadre de mon cours à l'école des beaux-arts, "les cités obscures", j'ai présenté hier le film électronique réalisé en 1991 par David blair : "WAX ou la découverte de la télévision chez les abeilles", ouvrage dont les éditions cactus ont produit et édité la version française en 1994.
A cette occasion j'avais écris le texte ci-dessous, que l'on peut retrouver dans le livret qui accompagne la vidéo.
Une version CD-Rom, adaptation de la version en ligne, "WAXweb", ouvrage passionant à explorer, a été éditée par David Blair quelques années plus tard. Récemment le film a été édité par son auteur sur support DVD et en décembre 2005 WAX a été programmé à Beaubourg par nos soins, lors d'une soirée PPT organisée dans le cadre du festival "Littératures pirates".


WAX, un conte du vingtième siècle.

Il était une fois, aux États-Unis d’Amérique (le nouveau monde), Jacob Maker, héros de la télévision des séries B (Bee TV), en quête d’un autre monde au-delà des apparences, “le pays des morts”, où la vie serait meilleure.

Voilà le conte de la vie après la mort, un récit oral issu de la mémoire collective, cette histoire que nous avons tous vécue.
Cela commence comme un banal documentaire vidéo, et puis, tout à coup, la narration bascule dans le fantastique : les abeilles greffent un récepteur TV dans la tempe du héros, Jacob Maker (c’est ce qu’il nous dit); le récit se déploie, maintenant tout est possible.

L’histoire qui nous est contée d’une voix limpide, par l’auteur, David Blair, alias Jacob Maker, est bien l’expression d’une mémoire qui joue sur différentes modalités du temps propres au conte traditionnel :
- le temps mythique, celui des origines : la tour de Babel, les origines de l’humanité judéo-chrétienne ordonnées autour de deux pôles antagonistes : le bien et le mal (Abel et Caïn), les origines du cinéma (Nosferatu, Felix the cat), les origines de l’ère atomique (Alamogordo),
- Le temps historique, l’histoire du vingtième siècle et de ses armes : 1914, la première guerre mondiale et ses gaz moutarde, 1945, la seconde guerre mondiale et sa bombe atomique,1991, la guerre du Golfe et son armement assisté par ordinateur,
- le temps familial qui inscrit le récit dans une généalogie propre au personnage principal (Jacob Maker, petit fils de James hive Maker, assassin de Zoltan Abbassid, lui-même second mari de Ella Spiralum, grand-tante de Mellissa, la femme de Jacob Maker),
- le temps personnel, celui du récitant, de l’auteur / acteur David Blair, personnage incolore, typique du conte, né le 16 Juillet 1945 (le jour de la première explosion atomique de l’histoire),
- le temps du récit, quatre-vingt cinq minutes de télévision, d’images électroniques, d’images d’actualité, de documentaires, en somme de ce qui constitue notre quotidien télévisuel, soutenu par une voix off, la voix de l’auteur / conteur, qui témoigne; quatre-vingt cinq minutes qui représentent les quelques jours du périple de Jacob Maker à travers les millénaires de l’histoire de l’humanité.

Au début du film, avant même le générique qui contient tous les éléments constitutifs du récit, les personnages nous font signe, mais nous ne pouvons répondre. La cible est bien désignée, c’est nous, téléspectateurs passifs. Cette cible est contemporaine dans le sens où actuellement nous ne pouvons pas agir sur le flux d'images télévisuelles, mais aussi parce qu'il est entendu que nous ne pouvons pas agir sur le récit, dans la mesure où celui-ci défile linéairement (puisqu'il a été réalisé pour un support vidéo).

David Blair, le conteur (celui qui décide du récit), nous invite alors, à  travers cette oeuvre à structure non linéaire (marquée d'incessants voyages à travers les différents temps de l'histoire) à réfléchir sur la nécessité d’un récit linéaire, et sur la possibilité d'intervenir dans un futur proche sur le flux d’images qui constitue les fictions télévisuelles.

Wax semble être le point zéro d'un cinéma électronique indépendant à venir, un cinéma d'auteur(s) hybride, une fabrique de récits virtuels, accessibles par modem connecté au réseau Internet, et lisibles sur micro-ordinateurs.

Il s’agit bien là d’un conte post-moderne, post-atomique et cynique, d’un cyber-conte envoûtant, que nous pouvons lire, entendre, assis devant notre téléviseur, tout comme Jacob Maker avant qu’il ne traverse le miroir électronique qu'est la télévision, véhicule d’information, d’histoire, mais aussi de merveilleux.

Wax est un conte du vingtième siècle dans ce que ce siècle des extrêmes a de merveilleux et de cauchemardesque : l'accélération de son mouvement et donc de sa propre dématérialisation.

http://www.telepathic-movie.org

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 20:15

Je n'ai pas résisté à garder une image de cette page du blog, datée du premier janvier 2006, ce doit  être la première fois que j'arrive à présenter mes voeux le premier janvier.
De plus, j'aime bien cette mise en page très symétrique et colorée, façon calendrier de la poste d'Elgaland~Vargaland.
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