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Bienvenue !

Bienvenue dans mon cabinet de curiosités, interstice où vous pourrez parcourir de brèves chroniques de mes écoutes, lectures, déambulations et autres découvertes.
Du fond de l'abri, il vous sera possible de suivre mes bidouillages divers…
Enfin, ce blog est aussi un prolongement de mes cours à l'école des beaux-arts (les cités obscures) et à l'université.
Bonne lecture !

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 21:19

J'ai l'habitude de commencer mes cours sur l'histoire de l'enregistrement sonore en évoquant l'invention, en 1857, puis 1859, par un ouvrier typographe du nom d'Edouard-Léon Scott de Martinville, du Phonautographe.
Le Phonautographe était une étrange machine qui permettait d'incrire sous la forme d'une courbe graphique un son sur un cylindre enduit de noir de fumée, grâce à un stylet fixé sur une membrane, elle-même apposée à un cornet.
Ce qui me plaît dans cette invention c'est l'idée qu'un typographe, dont le métier était d'imprimer des textes en caractères plombs sur le papier, ai cherché à fixer la voix sur un autre support concret.
Je trouve l'image émouvante et jolie.
Le problème était, jusqu'à ce jour, que cette invention n'était qu'une image, qu'une histoire anté-Phonographique.
Aujourd'hui, l'association américaine First Sounds a réussi à décrypter un Phonautogramme et à le rendre audible. Il s'agit d'un enregistrement datant de 1860 (soit dix-sept ans avant l'invention du Phonographe par Edison) d'une voix humaine chantant "Au clair de la lune" il y a presque 150 ans. Vous pouvez écouter ce spectre sonore sur le site de l'association.

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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 08:51

L'introduction du cours était musicale : "NNNAAAMMM", de Einstürzende Neubauten (1996).
Il me semble, d'ailleurs, que c'est le dernier album  auquel participa F.M. Einheit, le "mécanicien" du groupe !
Dans un premier temps nous avons visionné l'adaptation monobande d'une installation vidéo de Philippe Gasnier : "Monument à Geoffroy Vallée", réalisée en 2006.
Dans un deuxième temps nous avons parcouru le CD-Rom de Zoé Beloff : "Beyond", produit en 1997.
Dans un troisième temps nous avons parcouru le site "WAXweb" de David Blair puis visionné les bandes annonces de "WAX ou la découverte de la télévision chez les abeilles" (1991), et celles de son projet actuel : "Le film télépathique des tribus perdues", à paraître dans le courant de l'année 2008.
Pour finir nous avons visonné "Safe Distance", une vidéo extraite de la boîte noire d'un avion de chasse de l'US Air Force qui s'est crashé dans la région de Novi Sad en 1999. Associés à la vidéo sous forme de sous-titres, les dialogues des pilotes sont retranscrits sous la forme de "military poetry". La version diffusée est celle mise en son par Joachim Montessuis.

Cet ensemble d'ouvrages audiovisuels : installations, CD-Rom, films, musiques, illustre de façon remarquable le rapport qu'entretien la machine depuis le XIXème siècle avec le passé et avec le monde des spectres. "La machine comme monument aux morts" aurait pu être le titre de ce deuxième acte des Cités Obscures

www.neubauten.org
www.zoebeloff.com
www.telepathic-movie.org
www.eternalnetwork.org/jm
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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:17
"Ainsi ne vivons-nous pas notre vie, mais celle des morts."
Oscar Wilde, le portrait de Dorian Gray, 1891.

A mesure qu’il avançait, le silence et l’abandon renaissaient autour de lui. Cependant, il voyait encore au loin comme une immense lumière; il entendait un bruit formidable qui ne pouvait se comparer à rien.
Néanmoins, il continua; enfin, il arriva au milieu d’un assourdissement épouvantable, à une immense salle dans laquelle dix mille personnes pouvaient tenir à l’aise, et sur le fronton, on lisait ces mots en lettres de flammes : Concert électrique.
Oui! concert électrique! et quels instruments! D’après un procédé hongrois, deux cents pianos mis en communication les uns avec les autres, au moyen d’un courant électrique, jouaient ensemble sous la main d’un seul artiste! un piano de la force de deux cents pianos.
Jules Verne, Paris au XXème siècle, 1863. (Hachette / le cherche midi éditeur, 1994.)


Machines en forme de peinture sonore


Ce semestre mon cours de deuxième année de phase programme est intitulé "Machine, machine, machine".
Ce refrain ponctue une longue chanson de la mythique formation berlinoise Einstürzende Neubauten. Le titre de cette chanson est "NNNAAAMMM", celle-ci a été enregistrée en 1996 et apparaît sur l'album "Ende Neu".
Il s'agit d'une évocation de notre monde, un paysage machinique inauguré par l'invention de la fameuse "machine démocratique" de Monsieur Guillotine (Picabia présentait la Guillotine comme la première sculpture moderne). Le principal effet cette machine a été de scinder concrètement l'homme en deux parties, de distinguer violemment la tête du reste du corps. C'est la sanglante machine de la révolution française, que l'on nous présente comme symbole inaugural de la démocratie dans le monde : paradoxale "machine démocratique"…
Au XIXème siècle la tradition picturale de la vanité (où apparaît généralement représenté le crâne isolé du corps) semble transposée dans le domaine littéraire par des auteurs comme Edgard Allan Poe, dans la nouvelle traduite par Baudelaire, "le portrait ovale" (1842), ou encore par Oscar Wilde dans son fameux roman "Le portrait de Dorian Gray" (1891). C'est alors le rapport entre le sujet peint et sa représentation, son portrait, qui résonnent étrangement; la peinture devient le réceptacle du temps, comme une machine à modifier le temps. L'être humain entame alors un voyage tragique à travers le temps, grâce à la peinture.
La littérature évoquée, qu'elle soit fantastique ou de science-fiction, est toujours constellée de mystères qui cohabitent étrangement avec les évolutions techniques du moment. Ces évolutions, ces révolutions, ont parfois à voir avec l'horlogerie ou la chimie : la machine n'est pas forcément monumentale ou effrayante, elle peut prendre la forme d'un mécanisme de pendule, ou encore tout simplement l'apparence d'une matière : la peinture.
Ces récits s'inscrivent dans une généalogie qui débute en 1589 avec les expériences du physicien italien Giambattista Della Porta, qui tentait désespérément d'emprisonner le son dans un espace clos, puis avec les manipulations du physicien allemand Ernst Chiadni qui déclare en 1787 que "le son est peinture".
Le peintre et illustrateur J.J. Grandville représente en 1844, dans son chef-d'œuvre "Un autre monde", un concert de machines animées par de la vapeur et cependant déclenchées par une main humaine. L'homme est l'opérateur, il est derrière la machine, c'est lui qui décide, qui orchestre l'histoire et parfois le chaos sonore.
Cette histoire complexe est illustrée par la diffusion d'une dramatique radiophonique réalisée en 1990 par les auteurs des "Cités obscures" : Benoît Peeters et François Schuiten. Cette dramatique, "Le musée A. Desombres", réalisée à la manière des pièces radiophoniques des années 1910 à 1960, réunit, entre autres ingrédients, certaines références évoquées ci-dessus. Il s'agit de l'intriguant voyage d'un homme dans une peinture passée, aventure fantastique agrémentée d'une romantique histoire d'amour.
Dans "La nuit des tireurs d'élite (the night of the surreal Mc Coy)" (dans la série télévisée "Les mystères de l'ouest", épisode réalisé par John Kneubuhl et Alan Crosland Jr en 1967), le diabolique Miguelito Loveless invente une qualité de peinture qui réagit à une machine sonore et se transforme alors en espace concret : on peut expédier des êtres humains dans des paysages peints et aussi les faire en sortir. Ainsi les peintures de Loveless servent de véhicules et permettent le transport d'êtres à travers l'espace et le temps.
Puisque le son est peinture, Ken Nordine nous propose en 1957 la visite de son étrange et coloré "Sound Museum" (Word Jazz vol. 1), fixé alors sur bande magnétique ou sur disque vinyle.
La visite de son musée se conclue par la découverte d'un silence, noir.

"Les choses que l'on voit ne sont que très rarement ce qu'elles paraissent".
Maria Eddington, La nuit du mort-vivant, in Les mystères de l'ouest, épisode n°77, 1968.

"Ci-gît J.J. Grandville
Il anima tout
Et après Dieu fit tout vivre, parler ou marcher.
Seul, il ne sut pas faire son chemin."
Epitaphe de J.J. Grandville, 1847.
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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:38

Le cours du 6 février était fondé sur deux pièces de Cami, écrivain français du début du vingtième siècle.
Cami a créé "Le petit corbillard illustré" en 1910, revue humoristique des pompes funèbres; il développe au même moment diverses rubriques post-Allais dans quelques journaux et fonde ainsi une forme d'humour basée sur le mauvais jeu de mots et la chute foireuse. Charlie Chaplin le qualifie ainsi de "plus grand comique in the world" ! En France son oeuvre sera déconsidérée par des personnes comme Breton, mais fondatrice pour certains surréalistes et, par la suite, pour des auteurs comme Francis Blanche et Pierre Dac, qui revendiqueront à travers la revue "L'os à moelle" et la série radiophonique "Signé Furax" une parenté littérale avec Cami, ou encore, Pierre Desproges avec sa "Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède" diffusée à la télévision.
En 1925 Cami a aussi écrit une série de pièces de théâtre miniatures : "Les aventures de Loufock Holmès", peu éloignées de la "Loufock house" d'Alphonse Allais. Ces pièces sont à la fois absurdes et très visuelles, donc sans doute difficiles, voir impossibles, à adapter au théâtre. A Caen la compagnie de théâtre Amavada a réussi ce pari d'adapter "Les aventures de Loufock Holmès" au théâtre. Aussi ceux-ci m'ont proposé de venir jouer les deux pièces que je voulais proposer à mes étudiants comme base de mon cours, sans aucun doute la meilleur façon de découvrir le théâtre de Cami !
Les pièces jouées étaient les suivantes : "Le bébé rouge" et "Le squelette disparu". Ce qui m'intéressais en proposant ces pièces, outre la découverte de l'oeuvre théâtrale de Cami, c'était d'observer comment l'actualité graphique et technique pouvaient participer à l'écriture d'oeuvres, et aussi d'aborder d'autres auteurs de la littérature populaire.
Aussi avec "Loufock Holmès" nous avons pu découvrir la série des aventures de Sherlock Holmes, crée par Conan Doyle, puis "Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain" développé avec talent par Jean Ray.
Avec "Le squelette disparu" nous avons retrouvé Conan Doyle et son intérêt pour l'imagerie ectoplasmique (déjà observée précédemment dans le film de David Blair, WAX), ses ouvrages spirites et l'invention du rayon X au même moment. Nous avons pu observer comment cette invention est apparue dans le paysage de l'époque, quels effets de mode cela a produit (se faire photographier son squelette, par exemple), et comment cela a pu se traduire dans l'histoire du music hall.
Avec "Le bébé rouge" nous avons pu faire une rapide excursion dans l'histoire de l'affiche et nous appesantir sur l'histoire de la publicité "Bébé Cadum" qui a inspiré cet horrible "Bébé rouge" de Cami.
Ainsi, une fois encore, nous avons pu croiser l'histoire des inventions techniques et celle de la littérature populaire et constater comment celles-ci avaient nourri, entre autre, la bande-dessinée (Edgard P. Jacobs, les X-Men) et l'art contemporain (Wim Delvoye).
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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 21:45
Le 23 janvier nous avons continué à explorer cette idée paradoxale de la disparition du livre dans la perspective, peut-être, d'une ré-invention du-dit livre.
Ainsi, après avoir parcouru les méandres de WAXweb, le CD-Rom de David Blair, nous avons visionné ce que David Blair appelle dans son film "la télévision des armes". Il s'agit de "Safe Distance", une vidéo extraite de la boîte noire d'un avion de chasse de l'US Air Force qui s'est crashé dans la région de Novi Sad en 1999.
J'ai découvert cette vidéo à Forbach il y a quelques années, lors d'une exposition à laquelle je participais au Castel Coucou. A cette occasion une soirée de concerts était organisée, et lors de cette soirée Joachim Montessuis avait présenté sa propre version de cette bande vidéo "Safe Distance Revisited". Il s'agit d'un document exceptionnel : les dernières minutes de vol d'un chasseur faisant parti d'un escadron des forces de l'OTAN, qui rentre d'une mission de bombardement près de Novi Sad et qui se trouve pris dans le feu de la DCA Serbe. Cet épisode de la guerre d'ex-Yougoslavie se trouve enregistré sur une bande VHS 8 Sony. Ce qui est impressionnant c'est le contraste entre l'interface électronique de navigation (similaire à celle d'un jeu vidéo) et la réalité que l'on entend, les dialogues codés entre les pilotes des quatre avions, les dérapages des voix et l'accélération dramatique des événements. Aujourd'hui on peut télécharger la vidéo sur le site du centre d'art de Novi Sad et y découvrir aussi les dialogues retranscrits sous la forme de "military poetry" http://www.kuda.org/_poezija.htm.


Pour conclure mon cours, nous avons pu observer le livre de Yùichi Yokoyama : "Combats" (éditions matière 2004).
J'ai découvert Yùichi Yokoyama il y a deux ans avec "Travaux publics", un manga qui nous décrit et nous donne à entendre la matière de quelques étranges chantiers. Ce qui passionne Yùichi Yokoyama semble être le mouvement de la goutte d'eau qui tombe, le crissement du gravier qui glisse de la benne, le brouhaha de la pelouse qui pousse... Tout cela dans la forme et le format du manga. A la suite de "Travaux publics", "Combats" nous place au centre d'échanges violents d'objets volants très identifiés. Un de ces épisodes : "Livres", nous décrit un combat à coup de livres qui volent, s'éclatent, sont explosés, tranchés et déchiquetés. Le lecteur est placé au centre de ces mouvements, et ainsi, peut observer les différents détails de ces livres malmenés. Quels étranges mangas, je vous les recommande !

www.telepathic-movie.org
www.kuda.org
www.eternalnetwork.org/jm/
www.matiere.org/yokoyama.html
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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 21:44
Dans le cadre de mon cours à l'école des beaux-arts, "les cités obscures", j'ai présenté hier le film électronique réalisé en 1991 par David blair : "WAX ou la découverte de la télévision chez les abeilles", ouvrage dont les éditions cactus ont produit et édité la version française en 1994.
A cette occasion j'avais écris le texte ci-dessous, que l'on peut retrouver dans le livret qui accompagne la vidéo.
Une version CD-Rom, adaptation de la version en ligne, "WAXweb", ouvrage passionant à explorer, a été éditée par David Blair quelques années plus tard. Récemment le film a été édité par son auteur sur support DVD et en décembre 2005 WAX a été programmé à Beaubourg par nos soins, lors d'une soirée PPT organisée dans le cadre du festival "Littératures pirates".


WAX, un conte du vingtième siècle.

Il était une fois, aux États-Unis d’Amérique (le nouveau monde), Jacob Maker, héros de la télévision des séries B (Bee TV), en quête d’un autre monde au-delà des apparences, “le pays des morts”, où la vie serait meilleure.

Voilà le conte de la vie après la mort, un récit oral issu de la mémoire collective, cette histoire que nous avons tous vécue.
Cela commence comme un banal documentaire vidéo, et puis, tout à coup, la narration bascule dans le fantastique : les abeilles greffent un récepteur TV dans la tempe du héros, Jacob Maker (c’est ce qu’il nous dit); le récit se déploie, maintenant tout est possible.

L’histoire qui nous est contée d’une voix limpide, par l’auteur, David Blair, alias Jacob Maker, est bien l’expression d’une mémoire qui joue sur différentes modalités du temps propres au conte traditionnel :
- le temps mythique, celui des origines : la tour de Babel, les origines de l’humanité judéo-chrétienne ordonnées autour de deux pôles antagonistes : le bien et le mal (Abel et Caïn), les origines du cinéma (Nosferatu, Felix the cat), les origines de l’ère atomique (Alamogordo),
- Le temps historique, l’histoire du vingtième siècle et de ses armes : 1914, la première guerre mondiale et ses gaz moutarde, 1945, la seconde guerre mondiale et sa bombe atomique,1991, la guerre du Golfe et son armement assisté par ordinateur,
- le temps familial qui inscrit le récit dans une généalogie propre au personnage principal (Jacob Maker, petit fils de James hive Maker, assassin de Zoltan Abbassid, lui-même second mari de Ella Spiralum, grand-tante de Mellissa, la femme de Jacob Maker),
- le temps personnel, celui du récitant, de l’auteur / acteur David Blair, personnage incolore, typique du conte, né le 16 Juillet 1945 (le jour de la première explosion atomique de l’histoire),
- le temps du récit, quatre-vingt cinq minutes de télévision, d’images électroniques, d’images d’actualité, de documentaires, en somme de ce qui constitue notre quotidien télévisuel, soutenu par une voix off, la voix de l’auteur / conteur, qui témoigne; quatre-vingt cinq minutes qui représentent les quelques jours du périple de Jacob Maker à travers les millénaires de l’histoire de l’humanité.

Au début du film, avant même le générique qui contient tous les éléments constitutifs du récit, les personnages nous font signe, mais nous ne pouvons répondre. La cible est bien désignée, c’est nous, téléspectateurs passifs. Cette cible est contemporaine dans le sens où actuellement nous ne pouvons pas agir sur le flux d'images télévisuelles, mais aussi parce qu'il est entendu que nous ne pouvons pas agir sur le récit, dans la mesure où celui-ci défile linéairement (puisqu'il a été réalisé pour un support vidéo).

David Blair, le conteur (celui qui décide du récit), nous invite alors, à  travers cette oeuvre à structure non linéaire (marquée d'incessants voyages à travers les différents temps de l'histoire) à réfléchir sur la nécessité d’un récit linéaire, et sur la possibilité d'intervenir dans un futur proche sur le flux d’images qui constitue les fictions télévisuelles.

Wax semble être le point zéro d'un cinéma électronique indépendant à venir, un cinéma d'auteur(s) hybride, une fabrique de récits virtuels, accessibles par modem connecté au réseau Internet, et lisibles sur micro-ordinateurs.

Il s’agit bien là d’un conte post-moderne, post-atomique et cynique, d’un cyber-conte envoûtant, que nous pouvons lire, entendre, assis devant notre téléviseur, tout comme Jacob Maker avant qu’il ne traverse le miroir électronique qu'est la télévision, véhicule d’information, d’histoire, mais aussi de merveilleux.

Wax est un conte du vingtième siècle dans ce que ce siècle des extrêmes a de merveilleux et de cauchemardesque : l'accélération de son mouvement et donc de sa propre dématérialisation.

http://www.telepathic-movie.org

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 14:20


"The city wears a slouch hat", c'est le titre d'une oeuvre radiophonique réalisée en 1942 par John Cage et Kenneth Patchen, une oeuvre longtemps considérée comme perdue, puis enfin retrouvée il y a quelques années.
Cette pièce radiophonique est une oeuvre charnière dans la carrière de John Cage, une oeuvre incontournable de l'histoire de la radiophonie et du son.
Kenneth Patchen, peintre et poète américain, est aussi l'auteur d'un livre remarquable publié en 1941 : "Le journal d'Albion Moonlight" (flammarion, 1979).
"Le journal d'Albion Moonlight" narre l'errance d'un personnage, Albion, à travers un paysage apocalyptique, celui de la seconde guerre mondiale qui commence alors.
Ce journal, constitué d'étranges récits croisés ou imbriqués, explore les différents systèmes de narrations ainsi que l'espace du livre, un espace typographique expressif. C'est cet ouvrage qui a inspiré "The city wears a slouch hat".
Les expérimentations de Kenneth Patchen ne s'arrêtent pas là puisqu'au début des années cinquante il est le premier poète à s'essayer à la lecture publique accompagné par un orchestre de jazz (the Chamber Jazz Sextet), une expérience dont on ne peut que remarquer le succés (nombreux sont les poètes Beat qui s'y sont mis un peu plus tard).
Ce système sera rapidement repris par Ken Nordine pour développer une oeuvre radiophonique magnifique : "word jazz".
La poésie de Kenneth Patchen a motivé quelques interprétations musicales ou audiovisuelles par d'autres auteurs, comme Benjamen Lew et Samy Birnach en 1989 (Crammed Disc), ou encore le théâtre des opérations & Vincent Julliard en 2000 (Peu Performance).
Un autre grand poète français, Bernard Heidsieck, évoque Kenneth Patchen dans un des poèmes qui constitue son très bel ouvrage : "Respirations et brèves rencontres" (Al Dante, 1999).



http://www.connectotel.com/patchen
http://www.johncage.info
http://editions.flammarion.com
http://www.wordjazz.com
http://www.crammed.be
http://tdo.editions-cactus.com
http://www.aldante.org

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6 novembre 2005 7 06 /11 /novembre /2005 23:00
Aujourd'hui l'actualité me renvoit à un ouvrage édité par les éditions cactus il y a maintenant un peu plus d'une dizaine d'années (1994). A l'époque je pensais que cette pièce radiophonique collait à l'actualité, que sans doute elle vieillirai. Il s'agit d'un radio-poème de Jean C. Dussin avec les Kristof K. Roll : "Paris ballad'act", une œuvre radiophonique collagiste qui, malheureusement, n'a pas vieillie.
Aussi, aujourd'hui, je vais diffuser à mes étudiants cette pièce sonore de 20'15", dans le cadre de ce cours : les cités obscures.

A redécouvrir sur le site des éditions cactus : www.editions-cactus.com

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8 octobre 2005 6 08 /10 /octobre /2005 22:00
Les cités obscures (vol. 2)
"l'ombre du réseau"

Lundi 10 octobre à 14 h commence ma nouvelle série de cours à l'école des beaux-arts.
Après le premier volet des "cités obscures" : "Respirations et brèves rencontres" (titre inspiré par l'ouvrage de Bernard Heidsick édité chez Al Dante), voilà le second temps : "L'ombre du réseau" (titre inspiré cette fois-ci, comme le générique, par l'oeuvre de Benoit Peeters & François Schuiten).
Il est 23 h 22 et j'ai encore quelques doutes quant à la présentation de son contenu.
A suivre...

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