
Les
éditions Ouest-France ont produit récemment le deuxième tome de l'ouvrage "
Archi pas chère - 20 maisons d'aujourd'hui à 100 000 euros", écrit par
Olivier Darmon.
Le premier volume de la série était paru il y a un peu plus d'un an. L'auteur y présentait avec une grande pertinence les problématiques de la construction de maisons individuelles d'architecte à
faible coût. Cet ouvrage s'inscrivait dans la perspective ouverte il y a dix ans par l'exposition et le catalogue "
36 modèles pour une maison" (un projet lancé par
Périphériques et présenté à Bordeaux en
1997, à
Arc en rêve centre d'architecture). L'idée de cette exposition était de proposer des projets de
maisons individuelles d'environ 100 m2 dont le coût global, honoraires d'architecte compris s'élevait à l'époque à
500 000 francs (76 224 euros). Cette initiative soulignait la
volonté de certains architectes de reconquérir le marché de la maison individuelle, devenu depuis quelques décennies le monopole des constructeurs. L'exemple le plus convaincant de ces propositions
est la fameuse
maison Latapie construite en
1993 par
Anne Lacaton et
Jean-Philippe Vassal (
http://www.archilab.org/public/1999/artistes/laca01fr.htm#).
Depuis une dizaine d'année l'idée fait son chemin tranquillement (en 2006, en France : 7% des maisons individuelles ont été réalisées par des architectes).
Cependant l'idée est aujourd'hui ancrée dans au moins trois générations de cerveaux, pour une grande partie de la population, que la maison "traditionnelle" est bel et bien la maison de
constructeur. Il est sans doute préférable de visiter une "maison témoin" comme on essaie une voiture : cela paraît plus rassurant que de penser une maison sur mesure et d'être amené à questionner
ses habitudes de vie.
Pour ma part, dès 1997, j'avais été sensibilisé par un proche, architecte, à ce projet de maisons modestes et m'étais procuré le catalogue "
36 modèles pour une maison",
par simple curiosité.
Une décennie et un boum immobilier plus tard, nous nous trouvons dans un paysage où l'accès à la propriété est plus difficile, et où cette approche architecturale semble plus pertinente encore.
C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés embarqués, ici, dans le
Calvados, à la recherche d'un terrain à construire et d'un architecte impliqué dans ce mouvement.
J'avais repéré depuis quelques années le travail de
Mickaël Tanguy, qui semblait répondre avec intelligence aux commandes, dans une logique similaire au mouvement évoqué ci-dessus.
Celui-ci est implanté à la lisière de la Bretagne (
Sens de Bretagne), à moins de 200 km. de
Caen, mais nous pensions qu'il était trop loin pour suivre un chantier
comme le notre, aussi nous avons renoncé à le contacter.
Après quelques mois de recherches, quelques rencontres avec d'autres architectes intéressants (mais avec qui nous ne nous sentions pas précisément en phase), et enfin un heureux hasard, nous avons
fait connaissance avec
Marie-Pierre Bernard, qui s'était récemment installée à Caen et travaillait, justement, avec
Mickaël Tanguy. Aussi, après une première
rencontre, nous avons décidé de travailler ensemble sur la conception de notre future maison, conception contrainte par ces règlements de constructions pour le moins régressifs et absurdes, qui
nous valent ces si beaux paysages pavillonnaires, en Normandie comme ailleurs en France. La France qui peut s'enorgueillir d'être un des pays d'Europe le plus attardé dans le domaine (si l'on fait
abstraction de l'effort de propagande et d'imagerie qui peut donner une impression contraire).
Notre projet : l'idée était de concevoir une maison avec un budget serré là où il n'était pas possible de faire autre chose qu'une maison de constructeur (comme cela semble être le
cas sur 90% du territoire) : ce projet est situé dans un lotissement, cette situation correspondant à la majorité des projets de constructions de maisons individuelles aujourd'hui. Ce choix est
pragmatique et ne correspond pas à un idéal de vie, évidemment. Il ne correspond pas à un idéal dans le sens où le principe de ces lotissements dessinés sur plan par des géomètres, sans tenir
compte du paysage, paraît absurde; il n'y a pas ou il y a peu de questionnements sur le tissu social, sur la relation avec le reste du paysage construit alentour et sur l'urbanisme. En cela
l'expérience est concrète car elle correspond précisément aux conditions actuelles d'investissement immobilier par une grande partie de la population, et c'est bien évidemment là que les
architectes peuvent intervenir pour enrichir le paysage et modifier l'approche que nous avons de la maison individuelle.
La sortie du premier tome d"
Archi pas chère" avait coïncidé avec le début de notre projet en compagnie de
Marie-Pierre Bernard. On trouvait déjà dans
l'ouvrage quelques maisons conçues par
Mickaël Tanguy et par d'autres architectes très intéressants tels
Jean-Baptiste Barache ou encore
Michaël
Osswald.
La parution du deuxième tome coïncide avec le début de notre chantier. L'ouvrage présente vingt autres réalisations, toutes aussi variées, qui permettent à l'auteur de revenir sur les fondements de
son projet, et de corriger quelques malentendus générés par l'édition du premier tome.
Parmi les architectes relatés dans ce deuxième opus on trouve
Cécile Gaudoin et
Anthony Morin,
Patrick Partouche,
Jean-Charles
Liddel et
Marie-Pierre Bernard qui signe aussi le projet présenté en couverture du livre.
"
Archi pas chère - 20 maisons d'aujourd'hui à 100 000 euros" vol. 1 et vol. 2
Olivier Darmon
éditions
Ouest-France
J'ai mis en ligne depuis peu un blog sur lequel je relate notre projet immobilier :
Une maison nous
anime